28 février 2009

Virginia Woolf, la Traversée des Apparences - Meringues

VirginiaWoolfLa Traversée des apparences… The voyage out en version originale. Quel titre énigmatique pour ce premier roman de Virginia Woolf. Traversée, oui on comprend. Puisqu’il s’agit de l’histoire du voyage d’un groupe d’anglais de Londres jusqu’en Argentine. Mais quelles sont ces apparences, qu’ils vont réussir à traverser ? Sur la blogosphère, Lily et ses livres en parle par ici.
L’héroïne est une jeune femme Rachel Vinrace. Rachel qui a perdu sa mèretrès jeune, embarque donc sur le bateau de son père, accompagnée par les Ambrose, son oncle et sa tante, ainsi que par plusieurs autres passagers. Un couple, Richard et Clarissa Dalloway fait notamment une première apparition dans l’œuvre de Virginia Woolf.
Virginia Woolf dresse un portrait de chacun des protagonistes, qui frise parfois la satyre sociale. En même temps, elle raconte l’éveil au monde de la jeune Rachel. Et son héroïne semble bien être une facette de la personnalité de l’auteur.
Les apparences qu’évoque le titre, ce sont donc sans doute ces codes sociaux qu’apprend à déchiffrer la jeune fille au fil des pages. La jeune fille part de Londres, la cité du brouDSC_0051illard, et au terme d’un long périple à travers les brumes marines, elle arrive en Argentine, pays du soleil. La métaphore est claire.
Traverser les apparences… Il me plaît de penser que pour son premier roman, Virginia Woolf a choisi un titre qui résumait son but en tant qu’écrivain. Toute sa vie, elle a essayé de développer un style « impressionniste ». Bien difficile à décrire. On pourrait dire que comme Monet dépose des touches de couleurs sur sa toile, qui finissent par former des nymphéas ; Virginia Woolf choisit de raconter des détails qui se fondront dans une ambiance tellement prenante.
Au premier abord, c’est une lecture plutôt déconcertante…
… un peu comme quand on mord dans une meringue. L’extérieur est croquant et sec. Et l’intérieur collant. Un volume énorme, mais c’est juste un peu de blanc d’œuf avec du sucre. Et ça prend seulement si on la fait cuire pendant très longtemps, à une température très douce. Avec beaucoup de patience...

«  Ces mots, quoi qu’en pensât Terence semblaient lourds de sens ; c’est sans doute ce qui rendait si pénible l’effort de les écouter. Ils avaient quelque chose d’étrange, une signification tout autre que d’habitude.  Rachel se sentait incapable en tout cas de les suivre attentivement ; elle se laissait entraîner par de curieuses associations d’idées que faisaient naître les mots tels que loi, doctrine, but, évoquant indépendamment de leur sens, des images désagréables. À cause de la chaleur et du papillotement de l’air, le jardin, lui aussi prenait un aspect étrange : les arbres semblaient trop proches parfois, et parfois trop lointains… C’était très probablement une migraine. »
La Traversée des Apparences, Virginia Woolf

Posté par Elzevier Panns à 22:29 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires sur Virginia Woolf, la Traversée des Apparences - Meringues

    Souvent, les descriptions de la nourriture dans les romans arrivent à nous faire saliver. Je comprends que tu aies eu envie de faire ces petites meringues pour accompagner le thé. Elles ont l'air délicieuse.

    Posté par Miss Diane, 01 mars 2009 à 20:51 | | Répondre
  • Lire un livre de Virginia Woolf comme on mange une meringue, c'est une très jolie comparaison
    Et la photo est très belle !

    Posté par Lily, 03 mars 2009 à 12:14 | | Répondre
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