23 février 2009

Causons macarons ! Avec quel livre les associeriez-vous?

macaronsRose-litchi, figue-hibiscus, violette, et pain d'épices ont éclipsé les saveurs vanille, pistache et framboise. Il y a quelques années, j'en avais à peine entendu parler. Désormais chaque pâtissier possède sa propre recette de macarons. Pierre Hermé, Ladurée et autres Fauchon ont su donner un coup de jeune à cette gourmandise tellement parisienne.
Je me suis posée la question de la mode soudaine et vraiment massive du macaron, et j'en ai déduis que son succès était lié à deux qualités essentielles du macarons:
-Il est beau et même design: il en existe de toutes les couleurs, il est rond et lisse au dessus, on le tient délicatement entre deux doigts, sans se salir, sur une table, c'est un élément de déco à lui tout seul et enfin sa forme et ses couleurs sont un heureux prétexte à tout un packaging.
-Il est ludique: tellement de parfums existent que tout le monde peut trouver son bonheur. Il se croque en une bouchée, comme les chocos, on peut le séparer en deux, manger la ganache d'abord... Il est à la fois croquant et fondant ...
Je n'ai encore jamais essayé de faire moi-même mes macarons, vous ne trouverez pas ici de recettes. Ceux que j'ai utilisés pour la photo (retouchée avec Be Funky) viennent d'un pâtissier d'une petite ville de la région lyonnaise! Mais ceux qui veulent se lancer dans l'aventure du macarons peuvent prendre des conseils chez Mercotte (chez qui je me précipite dès que j'ai envie d'avoir des conseils pour une recette un peu délicate:p) ou chez Marina sur Pure Gourmandise.
200px_MacaronSi je n'ai encore jamais essayé de réaliser des macarons, c'est en partie, parce que, jusqu'à il n'y a pas si longtemps, pour moi les macarons ce n'était pas la même chose. J'appelais macarons une autre friandise, composée elle aussi de sucre, blanc d'oeuf et d'amande, elle aussi arrondie, mais toute simple. En fait, une seule coque de macaron, sans la ganache et sans parfum spécial.
J'utilise par exemple ces macarons, coupés grossièrement en morceaux dans ma recette de la charlotte aux poires. Après quelques recherches, je peux vous en dire plus sur ces deux friandises.
Le macaron existerait depuis le Moyen-Age. Il a sans doute pris diverses formes, mais désignait toujours un petit biscuit à base d'oeuf et de sucre et parfumé à l'amande. Ce qui est très étonnant, c'est de voir que cette friandise toute simple a été réinventée plusieurs fois par plusieurs pâtissiers. Rien qu'en Lorraine, deux sortes de macarons existent: les macarons de Boulay depuis 1854, les macarons de Nancy depuis le XVIIIe siècle, où ils ont été inventés par deux soeurs converses. Les macarons de Saint-Jean-de-Luz ont été inventés par un astucieux confiseur, qui les offrit au roi Louis XIV pour son mariage.
Le macaron que l'on connaît et dont on rafolle actuellement, macaron parisien, ou macaron Gerbet (du nom du pâtissier qui l'a inventé) n'a été créé qu'à la fin du XIXe siècle.

Toutes ces recettes ont en commun une caractéristique fameuse. Elles conservent le croquant extérieur, mais fondant intérieur du macaron!

Le temps que j'écrive mon billet sur le livre que je souhaite associer, à la recette du macaron parisien, je vous laisse songer aux histoires que vous inspirent le macaron... L'oeuvre que j'ai choisie n'est pas un roman et je pense que j'ai été largement influencée par le cinéma !
Et vous quelles sont vos idées?

Posté par Elzevier Panns à 18:40 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur Causons macarons ! Avec quel livre les associeriez-vous?

    si je dis "la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules"?.....juste pour le plaisir de la première bouchée de macaron.....

    Posté par Babeth59, 24 février 2009 à 10:57 | | Répondre
  • Macarons poétiques

    Hmmm, c'est pas évident, ça comme question...

    Le premier type de bouquins qui me vient à l'esprit, c'est incontestablement un livre de poèmes, parce que le poème, c'est court, c'est petit (l'honnête homme ne lit pas du Claudel), chacun est différent des autres mais s'inscrit dans un recueil, un peu comme différents macarons d'un même patissier qui n'ont pas les mêmes ingrédients, mais qui sont conçus par une même recette.
    (on part du principe que vous mangez plusieurs macarons à la fois, comme tout le monde, dans le cas contraire, allez donc traîner sur un blog de pauvre, ou d'analphabète).

    Mais quel recueil ?
    Il faudrait quelque chose de relativement léger, d'assez simple (quitte à être l'être faussement). On écarte donc d'entrée les grands recueils lyriques ou surréalistes, ou encore les Fleurs du Mal.
    Peut-être les Fêtes galantes de Verlaine. Mais leur gaîté de surface ne cherche-t-elle pas à masquer les larmes du Pierrot, le macaron est-il triste ?

    La difficulté réside dans la recherche d'un seul recueil de poèmes, pour correspondre à un macaron assez multiple : quoi de commun entre le sachet acheté en boulangerie presque sans y penser, parce qu'après tout, ça n'a jamais fait de mal de se faire plaisir, et le coffret Ladurée, dont la simple ouverture confine à la cérémonie ?
    Quelles pages ont ainsi rendre la diversité d'une patisserie déclinée sous tant d'aspect, bonheur quotidien et distinction bourgeoise ? Une anthologie ? Non, car il faut un seul auteur.

    En y songeant un peu plus avant, je me rends compte que ce n'est pas facile de trouver son bonheur dans la poésie récente (entendons qui date de moins de cent ans), sauf peut-être dans Paroles de Prévert, simple, émouvant, profond mais qui parle à chacun.

    Outre Prévert, je songerais plutôt à la poésie du XVI° siècle. Voila qui peut paraître étrange, j'en ai bien conscience. Ce n'est pas vraiment cette poésie qu'on associerait spontanément à un petit macaron au chocolat. Mais en y lisant d'un peu plus près, on s'aperçoit que si elle n'a pas fait sombrer le texte dans l'oubli, l'évolution de la langue a quelques heureuses conséquences qui ne sont pas sans rappeler le plaisir macaronien (pas macaroni, hein) : une langue précieuse, châtiée, où les sentiments s'expriment à travers une langue différente de la notre dans sa structure et son vocabulaire.
    Dans sa simplicité, elle peut parler à tout le monde, tout en se dégustant aussi en esthète (je ne peux croire qu'on s'empiffre de macarons... à tout le moins on les déguste). Et les thèmes qu'elle évoque sont de ceux qui peuvent nous parler à tous. Outre Paroles, si un recueil devait retenir mon choix, ce serait celui des sonnets de Shakespeare, de préférence dans une traduction française qui laisse couler les phrases plutôt que de vouloir reconstituer les vers à tout prix.

    Quelques lignes d'une langue simple, mais très travaillée, qui sur des thèmes toujours revus amène des variations à n'en plus finir, voilà qui, à mon sens, peut correspondre au macaron.

    Une page avec des traductions de sonnets de Shakespeare, je ne sais pas trop ce qu'elle vaut, le traducteur n'est pas indiqué... http://www.onlineshakespeare.com/frenchsonnets.htm

    Posté par Flanagan, 24 février 2009 à 16:28 | | Répondre
  • @ Babeth: effectivement, les petits plaisirs comme "la première grogée de bière", "écosser les petits pois", "apprendre une nouvelle dans la voiture", ça fait le même effet que croquer un macaron

    @ flanagan: la poésie, très bonne idée ! j'ai été nettement moins originale !

    Posté par Elzevier Panns, 24 février 2009 à 18:42 | | Répondre
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